Qui peut animer : l'arrêté du 29 juillet 2022 ferme la porte à l'interne
L'article R. 2324-37 renvoie à un arrêté du ministre chargé de la famille pour la qualification de l'animateur. C'est l'arrêté du 29 juillet 2022, en vigueur depuis le 31 août 2022, qui pose deux conditions cumulatives.
La première est un diplôme. L'animateur doit être titulaire d'un diplôme de psychiatrie, de psychologie ou de psycho-sociologie de niveau 5 minimum, d'un titre ou diplôme enregistré au répertoire national des certifications professionnelles attestant de compétences pour animer des séances d'analyse des pratiques, d'un master II de sciences de l'éducation, d'un diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants, d'un diplôme d'État de psychomotricien, ou d'un diplôme de puériculture.
La seconde est l'expérience : cinq années d'expérience professionnelle, continues ou discontinues, soit au sein d'un établissement ou service d'accueil du jeune enfant, soit en animation de séances d'analyse des pratiques.
À cela s'ajoute la condition d'indépendance posée par le code lui-même. La personne qui anime les séances n'appartient pas à l'équipe d'encadrement des enfants de l'établissement et n'a aucun lien hiérarchique avec ses membres.
Cumulées, ces conditions écartent la plupart des solutions internes. Ni la directrice ni l'éducatrice de jeunes enfants de la structure ne peuvent animer les séances de leur propre équipe, et une coordinatrice réseau qui exerce une autorité hiérarchique sur les équipes reste hors jeu quel que soit son diplôme. Ce n'est pas une modalité d'organisation interne. C'est une prestation externe, avec la ligne budgétaire qui va avec.
C'est aussi ce qui distingue l'analyse des pratiques de trois formats voisins avec lesquels elle est souvent confondue : la journée pédagogique, la réunion d'équipe et la supervision. Aucun ne remplit les conditions de l'article R. 2324-37, aucun ne peut donc être décompté des six heures.