Ce que ça change concrètement pour les directrices et les gestionnaires
Sur le principe, personne ne conteste l'utilité de cette mesure. Dans les démonstrations d'Évalinous qu'on fait au quotidien, le sujet revient régulièrement et il fait consensus. Ce qui pose problème, c'est l'exécution.
Une directrice d'EAJE qui pilote seule la conformité de son établissement gère déjà le suivi des diplômes, le certificat médical d'aptitude, l'extrait de casier judiciaire vierge pour certaines fonctions, les attestations de formation continue, les recyclages SST, les habilitations spécifiques. L'attestation d'honorabilité s'ajoute à cet empilement, avec sa propre durée de validité, son propre cycle de renouvellement, et ses propres modalités de demande. Pour un établissement de 15 professionnels, cela représente 15 dates à surveiller pour cette seule pièce, qui s'ajoutent aux dizaines d'autres dates déjà suivies par documents.
Le risque n'est pas l'oubli volontaire. Il est dans la dispersion. Une attestation valable au 1er janvier mais qui expire en septembre, dans un classeur partagé par une équipe qui a d'autres priorités, c'est exactement le type de pièce qu'on retrouve périmée le jour d'une inspection. Et la PMI ne demande pas si l'oubli était de bonne foi.
C'est là que cette obligation rejoint la logique du guide d'inspection-contrôle des EAJE publié en avril 2026 : ce qui est vérifié, ce n'est pas seulement la présence d'un document, c'est la capacité de l'établissement à le présenter à jour, daté, traçable. Un dossier collaborateur incomplet est un écart au sens du guide. Plusieurs dossiers incomplets deviennent rapidement un risque majeur.