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2026

Comment se déroule un contrôle PMI dans une crèche ? Le déroulé étape par étape

Inspection PMI en EAJE : comment ça se passe concrètement ? Déclenchement, déroulé de la visite, rapport, sanctions, ce que le guide officiel d'avril 2026 explique étape par étape.

Lucas Hivoire

Co-fondateur

En avril 2026, le ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes en situation de handicap a publié son guide officiel d'inspection-contrôle des modes d'accueil du jeune enfant.

62 pages destinées aux services de PMI et aux DDETS, qui décrivent précisément comment un contrôle se conduit, ce qu'il cherche à évaluer, et sur quels critères une décision peut être prise.

Ce guide n'est pas opposable aux établissements. Mais il est public. Pour une directrice ou un gestionnaire d'EAJE, le lire change la façon dont on prépare sa démarche qualité.

Voici comment se déroule un contrôle PMI, étape par étape.

Le déclenchement : planifié ou inopiné

Un contrôle peut être déclenché de deux façons.

Le premier cas est planifié. Chaque département établit un plan annuel d'inspection des modes d'accueil. Les établissements sont sélectionnés selon plusieurs critères : ancienneté du dernier contrôle, signalements antérieurs, données transmises par les partenaires, établissements qui n'ont pas été en contact avec les services depuis longtemps. Le guide précise qu'un établissement qui ne donne pas signe de vie à la PMI constitue en lui-même un facteur de risque à intégrer dans le plan de contrôle. Le silence n'est pas neutre.

Le second cas est non planifié : à la suite d'un signalement d'un professionnel ou d'un parent, d'une alerte de la CAF, d'un appel au 119, ou d'une plainte. Et le guide est explicite sur un point que beaucoup ignorent : les publications sur les réseaux sociaux (photos d'enfants, propos de professionnels contraires aux principes éducatifs attendus) peuvent elles aussi déclencher une inspection.

Dans les deux cas, le guide recommande que l'inspection soit conduite de façon inopinée. C'est la seule approche qui permet de constater la réalité effective des pratiques. L'établissement n'est pas nécessairement prévenu. Si le directeur est absent à l'arrivée du contrôleur, l'inspection commence sans l'attendre.

La préparation : ce que l'inspecteur sait avant d'arriver

Avant la visite, l'inspecteur constitue un dossier documentaire. Il rassemble l'historique des contrôles précédents, les données transmises par les partenaires institutionnels (CAF, MSA, services de santé), les éventuels signalements reçus, les informations disponibles sur l'autorisation de l'établissement, les effectifs, les événements indésirables connus.

Il définit également un périmètre. Le contrôle peut être global ou ciblé sur un point précis. Un inspecteur peut se présenter uniquement pour vérifier le taux d'encadrement à un instant T, sans conduire une inspection complète. Si ce périmètre évolue au cours de la visite, l'établissement doit en être informé clairement.

Une inspection complète se conduit en règle générale avec au moins deux inspecteurs, sur une durée minimale d'une demi-journée.

La visite : vu, entendu et lu, dans cet ordre

C'est le changement le plus structurant du guide. L'ordre de l'inspection suit la séquence vu, entendu, lu, dans cet ordre précis, et non l'inverse.

Le vu : L'inspecteur commence par une phase d'immersion silencieuse. Il observe les interactions entre professionnels et enfants, l'organisation de l'espace, l'ambiance, le taux d'encadrement réel. Il se positionne en retrait, préférentiellement au sol, sans commenter ce qu'il voit. La direction n'est pas présente pendant cette phase d'observation en section. L'inspecteur formule des constats factuels et peut prendre des photographies.

L'entendu : Les entretiens avec les professionnels constituent une phase centrale. Ils sont conduits de préférence en commençant par les professionnels en accueil direct des enfants, avant de remonter jusqu'à la direction et au gestionnaire. L'inspecteur cherche à comprendre si les équipes connaissent et comprennent les pratiques attendues, si les éventuels écarts observés sont identifiés, ponctuels ou récurrents. Les entretiens sont confidentiels : les éléments recueillis ne font pas l'objet d'un compte-rendu nominatif dans le rapport. Des échanges avec les parents présents peuvent compléter cette phase.

Le lu : L'analyse documentaire arrive en dernier. L'inspecteur examine les pièces sur place ou demande leur transmission après la visite : projet d'établissement, règlement de fonctionnement, protocoles, plannings, dossiers du personnel, diplômes et qualifications.

Un point central du guide mérite d'être retenu. Il donne un exemple explicite : un établissement dont le projet d'établissement n'est pas à jour mais dont les professionnels discutent vraiment leurs pratiques peut présenter un risque moindre qu'un établissement dont tous les documents sont à jour mais dont les équipes ne connaissent pas le projet, ne se le sont pas approprié, et ne sont pas engagées dans une démarche de réflexion. Le contrôleur ne vérifie pas la conformité formelle. Il cherche à comprendre si la démarche existe réellement.

La restitution orale. La visite se conclut par un échange avec la direction. L'inspecteur présente ses premiers constats (points positifs, points d'amélioration, points d'alerte) en précisant que cette liste n'est pas exhaustive. Il indique le délai de transmission du rapport et explique la procédure contradictoire. En cas de risque majeur identifié, une décision peut être prise immédiatement, sans attendre le rapport.

Après la visite : le rapport et la procédure contradictoire

Le rapport doit être rédigé et transmis dans un délai de trois à quatre semaines après la visite. Il est factuel, organisé par domaine (fonctionnement, organisation, installation, on reviendra sur ce sujet dans un prochain article) et distingue deux types de constats.

Les écarts (E) : non-conformités à une disposition légale ou réglementaire opposable. Un taux d'encadrement non respecté, un professionnel sans qualification requise, un projet d'établissement absent.

Les remarques (R) : dysfonctionnements qui ne constituent pas une infraction réglementaire précise, mais qui font peser un risque sur la qualité de l'accueil.

Le guide insiste sur un point fondamental : les constats ne sont jamais analysés isolément. La logique est systémique. La conjonction de plusieurs écarts ou remarques non majeurs peut produire un risque global majeur. Un établissement qui cumule des imperfections dans un climat de faible réflexivité sera jugé différemment d'un établissement avec un écart isolé, identifié par les équipes et en cours de correction.

Le rapport est accompagné d'une lettre d'intention qui précise les injonctions et recommandations envisagées. L'établissement dispose ensuite d'environ un mois pour formuler ses observations dans le cadre de la procédure contradictoire. Ce temps permet notamment de présenter les actions déjà engagées depuis la visite pour corriger les écarts observés.

Les suites possibles : de la recommandation à la fermeture

À l'issue de la procédure contradictoire, plusieurs décisions sont possibles.

La recommandation : l'autorité signale un point d'amélioration sans obligation formelle.

L'avertissement : un manquement est formellement notifié, avec un délai de mise en conformité.

L'injonction : une mise en conformité est ordonnée sous peine de sanctions. L'injonction est un préalable obligatoire à toute décision de sanction administrative. Elle est suivie d'une vérification à l'expiration du délai fixé.

La fermeture partielle ou totale, provisoire ou définitive : en cas de risque majeur pour les enfants. En cas de danger grave et imminent, une suspension d'activité peut être décidée immédiatement, sans attendre la procédure contradictoire.

Dans tous les cas, l'autorité organisatrice du territoire est informée des décisions prises et les établissements peuvent être tenus d'afficher les injonctions à leur entrée.

Ce que ça change concrètement pour votre démarche qualité

Ce guide ne crée pas de nouvelles obligations. Elles existent depuis le 1er avril 2025, avec l'entrée en vigueur du RNQAJE. Ce qu'il change, c'est la lisibilité de ce que les institutions attendent réellement.

Ce qu'elles attendent, c'est une démarche d'amélioration continue, des équipes qui connaissent leur projet d'établissement et le discutent. Des écarts identifiés, traités, tracés. Une historisation datée qui peut être présentée au moment de la procédure contradictoire.

Le guide est explicite sur la responsabilité du gestionnaire : un gestionnaire ne peut pas contester un écart à la réglementation en alléguant un manque d'information des autorités. Il lui appartient de se tenir informé, et de s'assurer que ses équipes comprennent et intègrent les nouvelles exigences.

C'est exactement la démarche qu'Évalinous permet de construire et de tracer.

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62 pages destinées aux services de PMI et aux DDETS, qui décrivent précisément comment un contrôle se conduit, ce qu'il cherche à évaluer, et sur quels critères une décision peut être prise.

Ce guide n'est pas opposable aux établissements. Mais il est public. Pour une directrice ou un gestionnaire d'EAJE, le lire change la façon dont on prépare sa démarche qualité.

Voici comment se déroule un contrôle PMI, étape par étape.

Le déclenchement : planifié ou inopiné

Un contrôle peut être déclenché de deux façons.

Le premier cas est planifié. Chaque département établit un plan annuel d'inspection des modes d'accueil. Les établissements sont sélectionnés selon plusieurs critères : ancienneté du dernier contrôle, signalements antérieurs, données transmises par les partenaires, établissements qui n'ont pas été en contact avec les services depuis longtemps. Le guide précise qu'un établissement qui ne donne pas signe de vie à la PMI constitue en lui-même un facteur de risque à intégrer dans le plan de contrôle. Le silence n'est pas neutre.

Le second cas est non planifié : à la suite d'un signalement d'un professionnel ou d'un parent, d'une alerte de la CAF, d'un appel au 119, ou d'une plainte. Et le guide est explicite sur un point que beaucoup ignorent : les publications sur les réseaux sociaux (photos d'enfants, propos de professionnels contraires aux principes éducatifs attendus) peuvent elles aussi déclencher une inspection.

Dans les deux cas, le guide recommande que l'inspection soit conduite de façon inopinée. C'est la seule approche qui permet de constater la réalité effective des pratiques. L'établissement n'est pas nécessairement prévenu. Si le directeur est absent à l'arrivée du contrôleur, l'inspection commence sans l'attendre.

La préparation : ce que l'inspecteur sait avant d'arriver

Avant la visite, l'inspecteur constitue un dossier documentaire. Il rassemble l'historique des contrôles précédents, les données transmises par les partenaires institutionnels (CAF, MSA, services de santé), les éventuels signalements reçus, les informations disponibles sur l'autorisation de l'établissement, les effectifs, les événements indésirables connus.

Il définit également un périmètre. Le contrôle peut être global ou ciblé sur un point précis. Un inspecteur peut se présenter uniquement pour vérifier le taux d'encadrement à un instant T, sans conduire une inspection complète. Si ce périmètre évolue au cours de la visite, l'établissement doit en être informé clairement.

Une inspection complète se conduit en règle générale avec au moins deux inspecteurs, sur une durée minimale d'une demi-journée.

La visite : vu, entendu et lu, dans cet ordre

C'est le changement le plus structurant du guide. L'ordre de l'inspection suit la séquence vu, entendu, lu, dans cet ordre précis, et non l'inverse.

Le vu : L'inspecteur commence par une phase d'immersion silencieuse. Il observe les interactions entre professionnels et enfants, l'organisation de l'espace, l'ambiance, le taux d'encadrement réel. Il se positionne en retrait, préférentiellement au sol, sans commenter ce qu'il voit. La direction n'est pas présente pendant cette phase d'observation en section. L'inspecteur formule des constats factuels et peut prendre des photographies.

L'entendu : Les entretiens avec les professionnels constituent une phase centrale. Ils sont conduits de préférence en commençant par les professionnels en accueil direct des enfants, avant de remonter jusqu'à la direction et au gestionnaire. L'inspecteur cherche à comprendre si les équipes connaissent et comprennent les pratiques attendues, si les éventuels écarts observés sont identifiés, ponctuels ou récurrents. Les entretiens sont confidentiels : les éléments recueillis ne font pas l'objet d'un compte-rendu nominatif dans le rapport. Des échanges avec les parents présents peuvent compléter cette phase.

Le lu : L'analyse documentaire arrive en dernier. L'inspecteur examine les pièces sur place ou demande leur transmission après la visite : projet d'établissement, règlement de fonctionnement, protocoles, plannings, dossiers du personnel, diplômes et qualifications.

Un point central du guide mérite d'être retenu. Il donne un exemple explicite : un établissement dont le projet d'établissement n'est pas à jour mais dont les professionnels discutent vraiment leurs pratiques peut présenter un risque moindre qu'un établissement dont tous les documents sont à jour mais dont les équipes ne connaissent pas le projet, ne se le sont pas approprié, et ne sont pas engagées dans une démarche de réflexion. Le contrôleur ne vérifie pas la conformité formelle. Il cherche à comprendre si la démarche existe réellement.

La restitution orale. La visite se conclut par un échange avec la direction. L'inspecteur présente ses premiers constats (points positifs, points d'amélioration, points d'alerte) en précisant que cette liste n'est pas exhaustive. Il indique le délai de transmission du rapport et explique la procédure contradictoire. En cas de risque majeur identifié, une décision peut être prise immédiatement, sans attendre le rapport.

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Les écarts (E) : non-conformités à une disposition légale ou réglementaire opposable. Un taux d'encadrement non respecté, un professionnel sans qualification requise, un projet d'établissement absent.

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Le rapport est accompagné d'une lettre d'intention qui précise les injonctions et recommandations envisagées. L'établissement dispose ensuite d'environ un mois pour formuler ses observations dans le cadre de la procédure contradictoire. Ce temps permet notamment de présenter les actions déjà engagées depuis la visite pour corriger les écarts observés.

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À l'issue de la procédure contradictoire, plusieurs décisions sont possibles.

La recommandation : l'autorité signale un point d'amélioration sans obligation formelle.

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L'injonction : une mise en conformité est ordonnée sous peine de sanctions. L'injonction est un préalable obligatoire à toute décision de sanction administrative. Elle est suivie d'une vérification à l'expiration du délai fixé.

La fermeture partielle ou totale, provisoire ou définitive : en cas de risque majeur pour les enfants. En cas de danger grave et imminent, une suspension d'activité peut être décidée immédiatement, sans attendre la procédure contradictoire.

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Ce qu'elles attendent, c'est une démarche d'amélioration continue, des équipes qui connaissent leur projet d'établissement et le discutent. Des écarts identifiés, traités, tracés. Une historisation datée qui peut être présentée au moment de la procédure contradictoire.

Le guide est explicite sur la responsabilité du gestionnaire : un gestionnaire ne peut pas contester un écart à la réglementation en alléguant un manque d'information des autorités. Il lui appartient de se tenir informé, et de s'assurer que ses équipes comprennent et intègrent les nouvelles exigences.

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