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25 Juin 2026

Plan canicule en crèche : ce que la fiche DGCS du 24 juin impose aux gestionnaires d'EAJE

La DGCS vient de publier une fiche pour les crèches face aux vagues de chaleur. Obligations du gestionnaire, critères d'évaluation, qui peut fermer et quand.

Lucas Hivoire

Co-fondateur

Le 24 juin 2026, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a publié une fiche d'aide à la décision pour les gestionnaires d'EAJE face aux vagues de chaleur. Ce document précise comment le plan canicule s'articule avec les obligations existantes ancrées dans l'article L.2324-3 du Code de la santé publique. Il est adressé aux gestionnaires d'établissements d'accueil du jeune enfant, aux présidents de conseils départementaux et aux préfets.

La fiche ne crée pas de nouvelles obligations réglementaires. Elle clarifie les responsabilités de chacun en cas de vigilance rouge canicule : qui évalue, qui décide, qui peut fermer, et sur quels critères. Cet article en détaille les implications pratiques, du premier signal de chaleur jusqu'à la décision de suspension de l'accueil.

Ce que la fiche DGCS du 24 juin change pour les gestionnaires d'EAJE

La fiche DGCS ne construit pas un nouveau cadre légal. Elle organise un cadre qui existait déjà. L'article L.2324-3 du Code de la santé publique prévoit depuis longtemps que les autorités peuvent intervenir lorsque les conditions de fonctionnement d'un EAJE présentent un risque pour la santé ou la sécurité des enfants. Ce que la fiche fait, c'est rendre ce cadre opérationnel pour une situation spécifique : la vague de chaleur.

Ce qui change pour le gestionnaire, c'est la lisibilité des attentes. La fiche identifie les critères à évaluer, les interlocuteurs à alerter, et les décisions possibles selon le niveau de risque constaté.

Concrètement, ça veut dire que la responsabilité du gestionnaire s'active dès le passage en vigilance rouge. Il doit évaluer les conditions d'accueil et, s'il juge que la situation présente un danger pour les enfants, en informer le président du conseil départemental. Cette information ne déclenche pas automatiquement une décision des autorités. Mais elle engage formellement le gestionnaire dans la chaîne de décision.

Ce point est structurant. Le gestionnaire qui attend une instruction des autorités avant d'agir interprète mal le dispositif. La fiche lui confie une responsabilité d'initiative, pas d'exécution.

Vigilance rouge : trois niveaux d'intervention et qui décide de fermer

La fiche organise l'intervention des autorités en trois niveaux progressifs. Ce n'est pas une décision binaire ouverte ou fermée. C'est une évaluation graduée de la situation.

Le premier niveau est l'injonction. Le préfet ou le président du conseil départemental peut demander au gestionnaire de prendre des mesures correctives : réorganisation de l'accueil, limitation de la capacité sur certains créneaux, mise en place de pièces rafraîchies dédiées aux enfants. L'établissement reste ouvert, mais des ajustements sont imposés.

Le deuxième niveau est la limitation. Les autorités peuvent imposer une réduction formelle de la capacité d'accueil, y compris des restrictions horaires. C'est une mesure intermédiaire, entre l'injonction et la fermeture complète.

Le troisième niveau est la fermeture immédiate à titre provisoire, prononcée par arrêté motivé du préfet ou du président du conseil départemental. Ce niveau suppose que les conditions d'accueil présentent un danger sérieux et que les mesures des niveaux précédents ne sont pas suffisantes ou ne peuvent pas être mises en place rapidement.

À noter : le gestionnaire lui-même conserve la possibilité de fermer l'établissement s'il estime que la sécurité des enfants est compromise. Il n'a pas à attendre une instruction des autorités pour prendre cette décision. Le fait d'avoir documenté son évaluation préalable est ce qui justifie la décision et protège en cas de contestation.

Les attentes de la PMI lors d'une inspection s'inscrivent dans ce même registre : ce que les contrôleurs regardent, ce sont les démarches engagées et leur traçabilité, pas seulement les documents produits.

Les critères concrets à évaluer avant d'agir

La fiche DGCS liste les critères que le gestionnaire doit examiner pour évaluer si les conditions d'accueil restent compatibles avec la sécurité des enfants pendant une vague de chaleur : disponibilité de pièces rafraîchies et ombragées, capacité à hydrater régulièrement les enfants accueillis, moyens de contrôle thermique dans les sections, présence de dispositifs de ventilation et d'occultation des ouvertures, et accès illimité à l'eau potable.

La fiche ne fixe pas de seuil de température comme déclencheur automatique de fermeture. L'évaluation reste une décision argumentée, fondée sur l'ensemble de ces critères et sur la situation réelle de l'établissement. Un bâtiment récent avec climatisation et pièces rafraîchies n'est pas dans la même situation qu'une structure ancienne sans ventilation mécanique.

Le décret du 27 mai 2025 a par ailleurs renforcé les obligations de l'employeur en matière d'évaluation des risques thermiques. Ce texte impose d'anticiper les situations à risque, de mettre à jour le document unique d'évaluation des risques (DUER), et d'adapter les conditions de travail pendant les épisodes de chaleur intense. Les obligations liées à la qualité de l'environnement intérieur des EAJE relèvent de la même logique de maîtrise des conditions d'accueil.

L'évaluation des conditions d'accueil des enfants et l'évaluation des conditions de travail des professionnels sont deux obligations distinctes. Elles s'alimentent mutuellement : le gestionnaire qui documente sérieusement l'une dispose généralement des éléments pour l'autre.

Droit de retrait des professionnels et responsabilité du gestionnaire

Les professionnels d'un EAJE disposent d'un droit de retrait lorsqu'ils se trouvent dans une situation de danger grave et imminent. Ce droit, prévu par le Code du travail, ne peut pas être restreint par l'employeur, à condition qu'il soit exercé de bonne foi.

En pratique, si un professionnel juge que les conditions thermiques mettent sa santé en danger, il peut quitter son poste et en informer son responsable. La situation devient alors critique pour l'organisation de l'accueil : si plusieurs professionnels exercent ce droit simultanément, les taux d'encadrement réglementaires ne peuvent plus être assurés, et la continuité de l'accueil devient impossible.

Ce n'est pas une hypothèse abstraite. Certains établissements ont traversé cette situation lors d'épisodes caniculaires récents. Le gestionnaire qui n'a pas anticipé les risques thermiques ni documenté sa démarche préventive se retrouve doublement exposé : incapable de maintenir l'accueil dans les conditions réglementaires, et sans trace écrite de la réflexion qui aurait pu justifier ses décisions.

La fiche DGCS ne couvre pas les assistantes maternelles ni les Maisons d'Assistants Maternels (MAM), qui restent en dehors de son périmètre. Plusieurs acteurs du secteur l'ont signalé après la publication du document.

Ce que ça implique pour votre démarche qualité

Les conditions d'installation d'un EAJE font partie des trois domaines systématiquement évalués lors d'un contrôle PMI. Ce domaine couvre les locaux, leur entretien, leur conformité aux référentiels, et la qualité de l'environnement dans lequel les enfants sont accueillis. La gestion des épisodes de chaleur s'inscrit pleinement dans cette évaluation.

Un établissement qui traverse une canicule sans avoir documenté son évaluation des risques, ses décisions, et les mesures prises se retrouve démuni si un contrôle intervient dans les semaines qui suivent. La PMI ne sanctionne pas systématiquement les difficultés opérationnelles de l'été. Mais l'absence de trace d'une démarche raisonnée laisse de la place à l'interprétation du contrôleur.

À l'inverse, un établissement qui peut montrer qu'il a évalué les conditions avant de décider, informé les autorités si nécessaire, et adapté l'accueil de façon tracée, est dans une position sensiblement différente. La démarche d'amélioration continue ne se suspend pas en juillet. Ce que les contrôleurs cherchent, c'est la cohérence entre ce qui est écrit, ce qui est décidé, et ce qui est observé sur le terrain.

Documenter ses décisions en période de crise, c'est exactement ce qu'une démarche qualité structurée permet de faire au quotidien.

Vous souhaitez voir comment structurer et historiser vos décisions en conditions exceptionnelles ? Demandez une démonstration gratuite.

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La fiche ne crée pas de nouvelles obligations réglementaires. Elle clarifie les responsabilités de chacun en cas de vigilance rouge canicule : qui évalue, qui décide, qui peut fermer, et sur quels critères. Cet article en détaille les implications pratiques, du premier signal de chaleur jusqu'à la décision de suspension de l'accueil.

Ce que la fiche DGCS du 24 juin change pour les gestionnaires d'EAJE

La fiche DGCS ne construit pas un nouveau cadre légal. Elle organise un cadre qui existait déjà. L'article L.2324-3 du Code de la santé publique prévoit depuis longtemps que les autorités peuvent intervenir lorsque les conditions de fonctionnement d'un EAJE présentent un risque pour la santé ou la sécurité des enfants. Ce que la fiche fait, c'est rendre ce cadre opérationnel pour une situation spécifique : la vague de chaleur.

Ce qui change pour le gestionnaire, c'est la lisibilité des attentes. La fiche identifie les critères à évaluer, les interlocuteurs à alerter, et les décisions possibles selon le niveau de risque constaté.

Concrètement, ça veut dire que la responsabilité du gestionnaire s'active dès le passage en vigilance rouge. Il doit évaluer les conditions d'accueil et, s'il juge que la situation présente un danger pour les enfants, en informer le président du conseil départemental. Cette information ne déclenche pas automatiquement une décision des autorités. Mais elle engage formellement le gestionnaire dans la chaîne de décision.

Ce point est structurant. Le gestionnaire qui attend une instruction des autorités avant d'agir interprète mal le dispositif. La fiche lui confie une responsabilité d'initiative, pas d'exécution.

Vigilance rouge : trois niveaux d'intervention et qui décide de fermer

La fiche organise l'intervention des autorités en trois niveaux progressifs. Ce n'est pas une décision binaire ouverte ou fermée. C'est une évaluation graduée de la situation.

Le premier niveau est l'injonction. Le préfet ou le président du conseil départemental peut demander au gestionnaire de prendre des mesures correctives : réorganisation de l'accueil, limitation de la capacité sur certains créneaux, mise en place de pièces rafraîchies dédiées aux enfants. L'établissement reste ouvert, mais des ajustements sont imposés.

Le deuxième niveau est la limitation. Les autorités peuvent imposer une réduction formelle de la capacité d'accueil, y compris des restrictions horaires. C'est une mesure intermédiaire, entre l'injonction et la fermeture complète.

Le troisième niveau est la fermeture immédiate à titre provisoire, prononcée par arrêté motivé du préfet ou du président du conseil départemental. Ce niveau suppose que les conditions d'accueil présentent un danger sérieux et que les mesures des niveaux précédents ne sont pas suffisantes ou ne peuvent pas être mises en place rapidement.

À noter : le gestionnaire lui-même conserve la possibilité de fermer l'établissement s'il estime que la sécurité des enfants est compromise. Il n'a pas à attendre une instruction des autorités pour prendre cette décision. Le fait d'avoir documenté son évaluation préalable est ce qui justifie la décision et protège en cas de contestation.

Les attentes de la PMI lors d'une inspection s'inscrivent dans ce même registre : ce que les contrôleurs regardent, ce sont les démarches engagées et leur traçabilité, pas seulement les documents produits.

Les critères concrets à évaluer avant d'agir

La fiche DGCS liste les critères que le gestionnaire doit examiner pour évaluer si les conditions d'accueil restent compatibles avec la sécurité des enfants pendant une vague de chaleur : disponibilité de pièces rafraîchies et ombragées, capacité à hydrater régulièrement les enfants accueillis, moyens de contrôle thermique dans les sections, présence de dispositifs de ventilation et d'occultation des ouvertures, et accès illimité à l'eau potable.

La fiche ne fixe pas de seuil de température comme déclencheur automatique de fermeture. L'évaluation reste une décision argumentée, fondée sur l'ensemble de ces critères et sur la situation réelle de l'établissement. Un bâtiment récent avec climatisation et pièces rafraîchies n'est pas dans la même situation qu'une structure ancienne sans ventilation mécanique.

Le décret du 27 mai 2025 a par ailleurs renforcé les obligations de l'employeur en matière d'évaluation des risques thermiques. Ce texte impose d'anticiper les situations à risque, de mettre à jour le document unique d'évaluation des risques (DUER), et d'adapter les conditions de travail pendant les épisodes de chaleur intense. Les obligations liées à la qualité de l'environnement intérieur des EAJE relèvent de la même logique de maîtrise des conditions d'accueil.

L'évaluation des conditions d'accueil des enfants et l'évaluation des conditions de travail des professionnels sont deux obligations distinctes. Elles s'alimentent mutuellement : le gestionnaire qui documente sérieusement l'une dispose généralement des éléments pour l'autre.

Droit de retrait des professionnels et responsabilité du gestionnaire

Les professionnels d'un EAJE disposent d'un droit de retrait lorsqu'ils se trouvent dans une situation de danger grave et imminent. Ce droit, prévu par le Code du travail, ne peut pas être restreint par l'employeur, à condition qu'il soit exercé de bonne foi.

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Ce n'est pas une hypothèse abstraite. Certains établissements ont traversé cette situation lors d'épisodes caniculaires récents. Le gestionnaire qui n'a pas anticipé les risques thermiques ni documenté sa démarche préventive se retrouve doublement exposé : incapable de maintenir l'accueil dans les conditions réglementaires, et sans trace écrite de la réflexion qui aurait pu justifier ses décisions.

La fiche DGCS ne couvre pas les assistantes maternelles ni les Maisons d'Assistants Maternels (MAM), qui restent en dehors de son périmètre. Plusieurs acteurs du secteur l'ont signalé après la publication du document.

Ce que ça implique pour votre démarche qualité

Les conditions d'installation d'un EAJE font partie des trois domaines systématiquement évalués lors d'un contrôle PMI. Ce domaine couvre les locaux, leur entretien, leur conformité aux référentiels, et la qualité de l'environnement dans lequel les enfants sont accueillis. La gestion des épisodes de chaleur s'inscrit pleinement dans cette évaluation.

Un établissement qui traverse une canicule sans avoir documenté son évaluation des risques, ses décisions, et les mesures prises se retrouve démuni si un contrôle intervient dans les semaines qui suivent. La PMI ne sanctionne pas systématiquement les difficultés opérationnelles de l'été. Mais l'absence de trace d'une démarche raisonnée laisse de la place à l'interprétation du contrôleur.

À l'inverse, un établissement qui peut montrer qu'il a évalué les conditions avant de décider, informé les autorités si nécessaire, et adapté l'accueil de façon tracée, est dans une position sensiblement différente. La démarche d'amélioration continue ne se suspend pas en juillet. Ce que les contrôleurs cherchent, c'est la cohérence entre ce qui est écrit, ce qui est décidé, et ce qui est observé sur le terrain.

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