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18 Mai 2026

Qualité de l'air intérieur en EAJE : ce que la réglementation impose depuis 2023

Évaluation annuelle des moyens d'aération, campagne de mesure des polluants, plan d'action : ce que la réglementation QAI impose aux EAJE depuis 2023.

Lucas Hivoire

Co-fondateur

Depuis le 1er janvier 2023, les établissements recevant du public qui accueillent des enfants de moins de 6 ans sont soumis à un dispositif renforcé de surveillance de la qualité de l'air intérieur. Le cadre est posé par le décret n° 2022-1689 du 27 décembre 2022 et l'arrêté du 27 décembre 2022, qui codifient les obligations aux articles R221-30 et suivants du Code de l'environnement. Tous les EAJE sont concernés (micro-crèche, multi-accueil, crèche collective, crèche familiale) dès lors qu'ils accueillent des moins de 6 ans dans des locaux ERP.

Le dispositif ne se résume pas à une campagne de mesure ponctuelle. Il s'articule autour de quatre obligations distinctes : une évaluation annuelle des moyens d'aération, un autodiagnostic périodique, une campagne de mesure des polluants à des étapes-clés, et un plan d'actions de prévention en cas de besoin. Cet article fait le point sur chaque pièce du dispositif, sur ce que la direction doit produire, et sur la façon dont la PMI vient s'y intéresser à l'occasion d'un contrôle.

Le cadre réglementaire applicable aux EAJE depuis le 1er janvier 2023

Le décret du 27 décembre 2022 modifie en profondeur l'ancien dispositif de surveillance de la qualité de l'air intérieur (QAI). Avant 2023, l'obligation principale reposait sur une campagne de mesure ponctuelle, avec des seuils et une obligation de transmission. Le nouveau régime élargit l'approche en y intégrant une logique de prévention continue, plus exigeante mais aussi plus opérationnelle pour la direction.

Les EAJE relèvent de cette obligation à un double titre. Comme établissements recevant du public (ERP de type R pour les locaux d'enseignement et d'accueil collectif d'enfants), ils sont expressément visés par le décret. Comme structures d'accueil du jeune enfant, ils sont également suivis par la PMI au titre de la qualité d'accueil et le guide d'inspection-contrôle d'avril 2026 range explicitement la qualité de l'air dans les conditions d'installation que le contrôleur examine.

C'est l'exploitant qui porte l'obligation. Dans une crèche associative ou privée, c'est le gestionnaire. Dans une crèche municipale, c'est la collectivité propriétaire et exploitante. Dans le cas d'un bail, l'articulation entre bailleur et exploitant doit être formalisée, mais la responsabilité opérationnelle reste à l'exploitant.

L'évaluation annuelle des moyens d'aération

C'est la pierre angulaire du dispositif. Chaque année, l'exploitant doit produire une évaluation des moyens d'aération de l'établissement. Cette obligation s'applique à toutes les pièces accueillant des enfants : sections d'accueil, dortoirs, espaces de change, salles de motricité.

L'évaluation porte sur trois objets concrets. L'état des ouvrants donnant sur l'extérieur : fenêtres, portes-fenêtres, ouvertures hautes. Sont-ils accessibles, manœuvrables, en bon état, libérés des obstacles ? L'état des bouches d'aération et entrées d'air : présence, propreté, débit visible. Le fonctionnement du système de ventilation mécanique quand il existe (VMC simple flux, double flux), avec une mesure du débit d'extraction si applicable.

L'évaluation aboutit à un rapport daté, signé par l'exploitant, qui consigne les constats et les éventuels écarts. Le document doit être tenu à disposition des autorités de contrôle. Concrètement, ça veut dire qu'un contrôle PMI peut demander à voir cette évaluation, au même titre qu'il demanderait l'attestation de sécurité incendie. Un EAJE qui ne peut pas la présenter est en écart au sens du guide d'inspection-contrôle.

La campagne de mesure des polluants : périodicité et substances visées

La campagne de mesure des polluants n'est pas annuelle. Elle intervient à intervalles plus longs et à des étapes-clés de la vie du bâtiment.

Les substances mesurées sont fixées par l'arrêté du 27 décembre 2022 : le formaldéhyde, le benzène, et l'indice de confinement calculé à partir du dioxyde de carbone (CO₂). Pour les établissements situés à proximité d'une activité émettrice de tétrachloroéthylène, typiquement un pressing, cette substance est également mesurée.

La périodicité par défaut est d'une campagne tous les sept ans. Elle peut être déclenchée plus tôt en cas de travaux importants modifiant les conditions de ventilation, de changement d'usage, ou si une réclamation justifie une mesure complémentaire. La campagne est réalisée par un organisme accrédité par le COFRAC selon les normes applicables (NF EN ISO 16000 et dérivées).

Les résultats sont comparés à des valeurs guides définies par décret. En cas de dépassement, l'exploitant doit informer le préfet du département dans les délais prescrits par l'arrêté, et engager un plan d'actions. Cette communication n'est pas optionnelle : elle constitue le déclencheur formel des mesures correctives.

Le plan d'actions de prévention : structure et déclencheurs

Le plan d'actions de prévention est l'aboutissement opérationnel du dispositif. Il est requis dans deux cas : quand l'évaluation des moyens d'aération révèle des défaillances, ou quand la campagne de mesure dépasse une valeur guide.

Le contenu attendu est précisé par l'arrêté du 27 décembre 2022. Le plan doit identifier les sources potentielles d'émission (produits d'entretien, mobilier neuf, matériaux de construction, activités spécifiques), prévoir les actions correctives immédiates (aération renforcée, retrait d'un produit, intervention sur la ventilation), planifier les actions différées quand elles supposent des travaux ou un changement de fournisseur, et organiser le suivi dans le temps pour vérifier que les mesures ont produit leur effet.

C'est une démarche écrite, datée, conservée. En cas de dépassement transmis au préfet, le plan d'actions accompagne la déclaration. Il rejoint la logique générale du contrôle systémique de la PMI : ce que le contrôleur cherche, ce n'est pas l'absence d'écart, c'est la capacité de l'établissement à l'identifier et à le traiter.

Ce point rejoint la démarche d'amélioration continue inscrite dans le référentiel national de qualité d'accueil. La QAI n'est pas une obligation isolée : elle s'intègre à la démarche qualité globale de l'EAJE, dont la conservation des documents et la traçabilité font partie.

Un outil pour suivre les échéances QAI et la conformité

Le dispositif QAI produit une charge documentaire continue : un rapport d'évaluation par an, un rapport de campagne tous les sept ans, des plans d'action ponctuels selon les déclencheurs. Pour un établissement unique, cela reste tenable avec une organisation administrative rigoureuse. Pour un réseau de plusieurs établissements avec des dates d'évaluation décalées et des configurations bâtimentaires hétérogènes, le pilotage demande un outil dédié.

C'est ce que centralise Évalinous. Les rapports d'évaluation annuelle des moyens d'aération sont stockés par établissement, datés, accessibles. Les campagnes de mesure des polluants sont rattachées à leur année et à leur durée de validité, avec une alerte à T-12 mois avant l'échéance des 7 ans. Les plans d'actions de prévention sont gérés comme les autres plans d'action qualité, avec leurs étapes, leurs responsables, leur historisation.

Concrètement, ça veut dire qu'une directrice ouvre son tableau de bord et voit immédiatement : la date du dernier autodiagnostic, la date de la prochaine campagne de mesure, les actions QAI en cours, les documents à présenter en cas de contrôle. La logique est la même que pour le suivi des autres obligations réglementaires : pas de relances oubliées, pas de pièce manquante le jour d'une inspection PMI ou d'un contrôle préfectoral.

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Le dispositif ne se résume pas à une campagne de mesure ponctuelle. Il s'articule autour de quatre obligations distinctes : une évaluation annuelle des moyens d'aération, un autodiagnostic périodique, une campagne de mesure des polluants à des étapes-clés, et un plan d'actions de prévention en cas de besoin. Cet article fait le point sur chaque pièce du dispositif, sur ce que la direction doit produire, et sur la façon dont la PMI vient s'y intéresser à l'occasion d'un contrôle.

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Le décret du 27 décembre 2022 modifie en profondeur l'ancien dispositif de surveillance de la qualité de l'air intérieur (QAI). Avant 2023, l'obligation principale reposait sur une campagne de mesure ponctuelle, avec des seuils et une obligation de transmission. Le nouveau régime élargit l'approche en y intégrant une logique de prévention continue, plus exigeante mais aussi plus opérationnelle pour la direction.

Les EAJE relèvent de cette obligation à un double titre. Comme établissements recevant du public (ERP de type R pour les locaux d'enseignement et d'accueil collectif d'enfants), ils sont expressément visés par le décret. Comme structures d'accueil du jeune enfant, ils sont également suivis par la PMI au titre de la qualité d'accueil et le guide d'inspection-contrôle d'avril 2026 range explicitement la qualité de l'air dans les conditions d'installation que le contrôleur examine.

C'est l'exploitant qui porte l'obligation. Dans une crèche associative ou privée, c'est le gestionnaire. Dans une crèche municipale, c'est la collectivité propriétaire et exploitante. Dans le cas d'un bail, l'articulation entre bailleur et exploitant doit être formalisée, mais la responsabilité opérationnelle reste à l'exploitant.

L'évaluation annuelle des moyens d'aération

C'est la pierre angulaire du dispositif. Chaque année, l'exploitant doit produire une évaluation des moyens d'aération de l'établissement. Cette obligation s'applique à toutes les pièces accueillant des enfants : sections d'accueil, dortoirs, espaces de change, salles de motricité.

L'évaluation porte sur trois objets concrets. L'état des ouvrants donnant sur l'extérieur : fenêtres, portes-fenêtres, ouvertures hautes. Sont-ils accessibles, manœuvrables, en bon état, libérés des obstacles ? L'état des bouches d'aération et entrées d'air : présence, propreté, débit visible. Le fonctionnement du système de ventilation mécanique quand il existe (VMC simple flux, double flux), avec une mesure du débit d'extraction si applicable.

L'évaluation aboutit à un rapport daté, signé par l'exploitant, qui consigne les constats et les éventuels écarts. Le document doit être tenu à disposition des autorités de contrôle. Concrètement, ça veut dire qu'un contrôle PMI peut demander à voir cette évaluation, au même titre qu'il demanderait l'attestation de sécurité incendie. Un EAJE qui ne peut pas la présenter est en écart au sens du guide d'inspection-contrôle.

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La campagne de mesure des polluants n'est pas annuelle. Elle intervient à intervalles plus longs et à des étapes-clés de la vie du bâtiment.

Les substances mesurées sont fixées par l'arrêté du 27 décembre 2022 : le formaldéhyde, le benzène, et l'indice de confinement calculé à partir du dioxyde de carbone (CO₂). Pour les établissements situés à proximité d'une activité émettrice de tétrachloroéthylène, typiquement un pressing, cette substance est également mesurée.

La périodicité par défaut est d'une campagne tous les sept ans. Elle peut être déclenchée plus tôt en cas de travaux importants modifiant les conditions de ventilation, de changement d'usage, ou si une réclamation justifie une mesure complémentaire. La campagne est réalisée par un organisme accrédité par le COFRAC selon les normes applicables (NF EN ISO 16000 et dérivées).

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