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10 Août 2026

Sanctions CAF en crèche : le barème des pénalités et la procédure de mise en demeure

Sanctions CAF crèche : depuis janvier 2025, les conventions d'objectifs et de financement prévoient des pénalités de 1 % à 25 % de la subvention annuelle.

Lucas Hivoire

Co-fondateur

Les sanctions CAF en crèche ne relèvent plus du principe. Depuis le 1er janvier 2025, l'article L. 263-2 du Code de la sécurité sociale impose aux caisses d'allocations familiales d'inscrire un régime de sanctions dans les conventions d'objectifs et de financement qu'elles signent avec les gestionnaires d'équipements. La circulaire CNAF C 2025-140 du 3 juillet 2025 en fixe les modalités : un barème national de pénalités financières, une procédure contradictoire, des voies de recours. Le barème national des aides 2026 le reconduit à l'identique.

Ce qui change n'est pas le contrôle, qui existait déjà, mais sa conséquence. Jusqu'ici, une CAF qui constatait une irrégularité pouvait récupérer les sommes indûment versées, rien de plus. Elle peut désormais y ajouter une pénalité, et la majorer en cas de récidive.

Cet article détaille l'origine du dispositif, le barème par niveau de gravité, la procédure de mise en demeure et le calendrier de déploiement, à partir de la circulaire et de ses annexes.

D'où vient le régime : l'article L. 263-2 et la circulaire C 2025-140

La base légale vient de la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi, dont l'article 18 a créé l'article L. 263-2 du Code de la sécurité sociale, entré en vigueur le 1er janvier 2025. Sa rédaction est brève :

Les conventions conclues par les organismes débiteurs de prestations familiales au titre de subventions accordées dans le cadre du fonds d'action sanitaire et sociale mentionné au 2° de l'article L. 223-1 définissent un régime de sanctions en cas de manquement aux règles qu'elles prévoient.

La convention d'objectifs et de gestion 2023-2027 de la branche Famille avait déjà posé le principe. La circulaire du 3 juillet 2025 l'opérationnalise. Elle rappelle le contexte : les CAF gèrent 120 000 dossiers de financement avec 21 000 partenaires, sur un système resté essentiellement déclaratif. La CNAF observe des erreurs fréquentes, majoritairement de bonne foi au vu de la complexité des règles, mais aussi des pratiques déclaratives qu'elle qualifie d'optimisation de subventions publiques, voire de manquements intentionnels.

L'absence de levier était réelle. Les subventions d'action sociale des CAF sont de nature extralégale : il n'existe aucun régime de fraude permettant de sanctionner administrativement leur mauvais usage, seul un dépôt de plainte permettait à un juge de qualifier un comportement de frauduleux. Le régime de sanctions comble cet écart sans créer d'infraction nouvelle.

Ces sanctions sont contractuelles, pas administratives. Elles se distinguent des mesures de police prévues par le décret n° 2024-1136 du 4 décembre 2024 applicable aux établissements des articles R. 2324-16 et R. 2324-17 du Code de la santé publique. Elles sont par ailleurs cumulatives : elles s'ajoutent au remboursement des sommes indûment perçues et n'excluent pas d'éventuelles actions judiciaires. La CAF n'est d'ailleurs pas la seule institution à pouvoir intervenir dans un établissement, comme le rappelle notre article sur les autorités qui peuvent contrôler une crèche.

Le périmètre est large : l'ensemble des prestations de service, des subventions de fonctionnement et d'investissement, sur fonds nationaux et locaux. Et il s'applique quelle que soit la nature juridique du gestionnaire, public, privé ou associatif.

Le barème des sanctions CAF en crèche : quatre niveaux, de 1 % à 25 %

La pénalité s'exprime en pourcentage de la subvention annuelle versée à l'équipement l'année du constat. Pour les subventions d'investissement, la base de calcul est le montant attribué mentionné dans la convention. Le barème comporte deux colonnes : le premier manquement, et le manquement majoré en cas de récidive dans les 24 mois suivant la notification de la première sanction.

Cinq situations sont listées à l'annexe 1 de la circulaire, réparties sur quatre niveaux de gravité :

  • Mineur : absence des affichages obligatoires, y compris l'absence de complétude du site monenfant.fr. 1 %, porté à 3 % en récidive.

  • Majeur : absence d'information de la CAF quant à l'activité de l'équipement. 5 %, porté à 10 %.

  • Majeur : non-respect des obligations prévues par la convention à l'égard du public, autres que les affichages, ce qui couvre notamment l'application du barème des participations familiales et l'ouverture à tous. 8 %, porté à 15 %.

  • Grave : absence de fourniture et de communication des pièces administratives, comptables et financières en cas de contrôle. 10 %, porté à 15 %.

  • Lourd : falsification des données et des pièces justificatives transmises à la CAF. 15 %, porté à 25 %.

La CNAF donne son propre exemple chiffré : pour un EAJE bénéficiant d'une subvention moyenne de 260 000 euros par an, les pénalités s'échelonnent entre 2 600 et 39 000 euros au premier manquement, et entre 7 800 et 65 000 euros en cas de récidive.

Deux règles limitent la mécanique. Une sanction équivaut à un manquement : lorsque plusieurs manquements sont constatés, seule la sanction correspondant au plus grave est retenue, elles ne s'additionnent pas. Et le montant est calculé sur la subvention réglée à la suite des déclarations du gestionnaire, les ajustements ultérieurs, à la hausse comme à la baisse, restant sans incidence.

Le deuxième niveau de gravité mérite l'attention, parce qu'il vise des obligations qu'on ne rattache pas spontanément à un risque financier. Transmettre à la CAF un changement de règlement de fonctionnement, un projet d'établissement modifié ou les données d'activité relève de la même ligne que la déclaration FILOUE : ce sont des obligations d'information, et leur absence est cotée à 5 % de la subvention annuelle.

La procédure : mise en demeure, droit à l'erreur, décision, recours

Le fait générateur est la constatation du manquement. Elle intervient de deux façons. Hors contrôle, lorsqu'un agent de la CAF se rend dans la structure ou traite les données et établit un rapport de constat. Ou lors d'un contrôle, le contrôleur consignant alors les éléments dans son rapport. Dans les deux cas, c'est le directeur de la CAF ou son délégataire qui décide d'engager la procédure, s'il estime les éléments suffisamment probants.

La mise en demeure est la première étape formelle. Elle est adressée par courrier recommandé avec accusé de réception et contient les manquements constatés, leur type, la sanction envisagée et le délai de régularisation exprimé en jours ouvrés. La circulaire recommande 30 jours, que la CAF peut aménager selon l'obligation en cause. Ce délai n'est pas une formalité : le gestionnaire y formule ses observations, conteste les faits et régularise le cas échéant.

Vient ensuite la décision. Le directeur examine les justificatifs et les observations. Si un manquement mineur ou majeur a été régularisé, il peut se limiter à une notification de prise en compte assortie d'un avertissement. Si le manquement persiste, ou s'il est grave ou lourd, la sanction est notifiée par lettre recommandée, motivée, avec mention des voies et délais de recours. Au-delà de 15 000 euros, le directeur informe préalablement le conseil d'administration de la CAF.

Le gestionnaire dispose de deux mois à compter de la notification pour former un recours gracieux auprès du directeur, qui informe la Commission d'action sociale. En cas de réponse négative ou d'absence de réponse dans un délai de deux mois, le tribunal administratif territorialement compétent peut être saisi. Le recours gracieux n'étant pas un préalable obligatoire, la saisine directe du tribunal reste ouverte.

Quatre principes encadrent l'ensemble : le contradictoire, l'exigence de motivation, la proportionnalité, et le droit à l'erreur issu de la loi du 10 août 2018 pour un État au service d'une société de confiance. La circulaire précise que ce droit à l'erreur vaut d'autant plus pour les nouveaux cocontractants et les équipes renouvelées, notamment bénévoles. Une réserve, en revanche : contrairement aux indus, une sanction ne peut pas faire l'objet d'une remise de dette.

Le calendrier de déploiement, et ce qui se prépare en amont

Le régime s'applique dès la signature de la convention. Son intégration se fait donc au rythme des renouvellements, la CNAF ayant produit de nouveaux modèles de conventions à partir de la fin de l'été 2025. L'échéance est fixée à 2028 pour l'ensemble des conventions portant sur les aides financières collectives dites prestations de service, la montée en charge se faisant au fil de l'eau pour les subventions et prêts collectifs.

Les CAF ne sont pas tenues de dénoncer les conventions en cours pour y intégrer le régime. La circulaire leur conseille néanmoins de le faire dans deux situations : les gestionnaires présentant des indus plus fréquents ou plus élevés que la moyenne des équipements de même nature à la suite de contrôles répétés, et ceux ayant connu des difficultés dans la relation partenariale. Pour la première année d'application, elle demande que les nouveaux gestionnaires et ceux peu coutumiers de manquements fassent prioritairement l'objet d'un accompagnement plutôt que d'une sanction. La survenance d'un cas de force majeure neutralise par ailleurs la sanction.

Reste la préparation. Sur les cinq lignes du barème, deux se jouent uniquement sur la disponibilité de documents : l'affichage obligatoire à 1 %, et l'absence de communication des pièces administratives, comptables et financières en cas de contrôle à 10 %. Une troisième, l'information de la CAF sur l'activité, dépend de la mise à jour de pièces qui existent déjà. Le délai de régularisation de 30 jours suppose de savoir où elles se trouvent et lesquelles sont périmées.

C'est le rôle de la librairie documentaire incluse dans le logiciel d'auto-évaluation pour crèche : les documents de l'établissement et ceux de l'équipe sont centralisés au même endroit, classés par catégorie, exportables en bloc le jour d'un contrôle, avec une alerte avant expiration sur les pièces à échéance comme l'attestation d'honorabilité ou le certificat de visite médicale. Le module Suivi & conformité prolonge la logique côté équipe : une directrice envoie un protocole à une collaboratrice, lui fait passer un quiz de compréhension généré automatiquement, et récupère une attestation de lecture datée. Ces pièces relèvent des mêmes règles que le reste du dossier d'établissement, détaillées dans notre article sur les durées de conservation des documents en EAJE.

En résumé

Les sanctions CAF en crèche reposent sur l'article L. 263-2 du Code de la sécurité sociale, applicable depuis le 1er janvier 2025, et sur la circulaire CNAF C 2025-140 du 3 juillet 2025. Elles prennent la forme de pénalités financières calculées en pourcentage de la subvention annuelle : 1 % pour un manquement mineur, 5 % ou 8 % pour un manquement majeur, 10 % pour un manquement grave, 15 % pour un manquement lourd, avec une majoration jusqu'à 25 % en cas de récidive dans les 24 mois. Le barème national des aides 2026 reprend ces montants sans changement.

La procédure est contradictoire : constat, mise en demeure par lettre recommandée, délai de régularisation d'environ 30 jours, décision motivée du directeur, puis recours gracieux dans les deux mois et saisine possible du tribunal administratif. Le droit à l'erreur s'applique, et un manquement mineur ou majeur régularisé dans le délai se solde par un simple avertissement.

Le déploiement s'étale jusqu'en 2028, au rythme des renouvellements de conventions. Ce qui laisse le temps de faire la seule chose qui compte vraiment ici : savoir ce que la convention engage, et pouvoir le prouver en trente jours.

Vous souhaitez voir comment ça fonctionne concrètement ? Demandez une démonstration gratuite.

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Co-fondateur

Les sanctions CAF en crèche ne relèvent plus du principe. Depuis le 1er janvier 2025, l'article L. 263-2 du Code de la sécurité sociale impose aux caisses d'allocations familiales d'inscrire un régime de sanctions dans les conventions d'objectifs et de financement qu'elles signent avec les gestionnaires d'équipements. La circulaire CNAF C 2025-140 du 3 juillet 2025 en fixe les modalités : un barème national de pénalités financières, une procédure contradictoire, des voies de recours. Le barème national des aides 2026 le reconduit à l'identique.

Ce qui change n'est pas le contrôle, qui existait déjà, mais sa conséquence. Jusqu'ici, une CAF qui constatait une irrégularité pouvait récupérer les sommes indûment versées, rien de plus. Elle peut désormais y ajouter une pénalité, et la majorer en cas de récidive.

Cet article détaille l'origine du dispositif, le barème par niveau de gravité, la procédure de mise en demeure et le calendrier de déploiement, à partir de la circulaire et de ses annexes.

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La base légale vient de la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi, dont l'article 18 a créé l'article L. 263-2 du Code de la sécurité sociale, entré en vigueur le 1er janvier 2025. Sa rédaction est brève :

Les conventions conclues par les organismes débiteurs de prestations familiales au titre de subventions accordées dans le cadre du fonds d'action sanitaire et sociale mentionné au 2° de l'article L. 223-1 définissent un régime de sanctions en cas de manquement aux règles qu'elles prévoient.

La convention d'objectifs et de gestion 2023-2027 de la branche Famille avait déjà posé le principe. La circulaire du 3 juillet 2025 l'opérationnalise. Elle rappelle le contexte : les CAF gèrent 120 000 dossiers de financement avec 21 000 partenaires, sur un système resté essentiellement déclaratif. La CNAF observe des erreurs fréquentes, majoritairement de bonne foi au vu de la complexité des règles, mais aussi des pratiques déclaratives qu'elle qualifie d'optimisation de subventions publiques, voire de manquements intentionnels.

L'absence de levier était réelle. Les subventions d'action sociale des CAF sont de nature extralégale : il n'existe aucun régime de fraude permettant de sanctionner administrativement leur mauvais usage, seul un dépôt de plainte permettait à un juge de qualifier un comportement de frauduleux. Le régime de sanctions comble cet écart sans créer d'infraction nouvelle.

Ces sanctions sont contractuelles, pas administratives. Elles se distinguent des mesures de police prévues par le décret n° 2024-1136 du 4 décembre 2024 applicable aux établissements des articles R. 2324-16 et R. 2324-17 du Code de la santé publique. Elles sont par ailleurs cumulatives : elles s'ajoutent au remboursement des sommes indûment perçues et n'excluent pas d'éventuelles actions judiciaires. La CAF n'est d'ailleurs pas la seule institution à pouvoir intervenir dans un établissement, comme le rappelle notre article sur les autorités qui peuvent contrôler une crèche.

Le périmètre est large : l'ensemble des prestations de service, des subventions de fonctionnement et d'investissement, sur fonds nationaux et locaux. Et il s'applique quelle que soit la nature juridique du gestionnaire, public, privé ou associatif.

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La pénalité s'exprime en pourcentage de la subvention annuelle versée à l'équipement l'année du constat. Pour les subventions d'investissement, la base de calcul est le montant attribué mentionné dans la convention. Le barème comporte deux colonnes : le premier manquement, et le manquement majoré en cas de récidive dans les 24 mois suivant la notification de la première sanction.

Cinq situations sont listées à l'annexe 1 de la circulaire, réparties sur quatre niveaux de gravité :

  • Mineur : absence des affichages obligatoires, y compris l'absence de complétude du site monenfant.fr. 1 %, porté à 3 % en récidive.

  • Majeur : absence d'information de la CAF quant à l'activité de l'équipement. 5 %, porté à 10 %.

  • Majeur : non-respect des obligations prévues par la convention à l'égard du public, autres que les affichages, ce qui couvre notamment l'application du barème des participations familiales et l'ouverture à tous. 8 %, porté à 15 %.

  • Grave : absence de fourniture et de communication des pièces administratives, comptables et financières en cas de contrôle. 10 %, porté à 15 %.

  • Lourd : falsification des données et des pièces justificatives transmises à la CAF. 15 %, porté à 25 %.

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Deux règles limitent la mécanique. Une sanction équivaut à un manquement : lorsque plusieurs manquements sont constatés, seule la sanction correspondant au plus grave est retenue, elles ne s'additionnent pas. Et le montant est calculé sur la subvention réglée à la suite des déclarations du gestionnaire, les ajustements ultérieurs, à la hausse comme à la baisse, restant sans incidence.

Le deuxième niveau de gravité mérite l'attention, parce qu'il vise des obligations qu'on ne rattache pas spontanément à un risque financier. Transmettre à la CAF un changement de règlement de fonctionnement, un projet d'établissement modifié ou les données d'activité relève de la même ligne que la déclaration FILOUE : ce sont des obligations d'information, et leur absence est cotée à 5 % de la subvention annuelle.

La procédure : mise en demeure, droit à l'erreur, décision, recours

Le fait générateur est la constatation du manquement. Elle intervient de deux façons. Hors contrôle, lorsqu'un agent de la CAF se rend dans la structure ou traite les données et établit un rapport de constat. Ou lors d'un contrôle, le contrôleur consignant alors les éléments dans son rapport. Dans les deux cas, c'est le directeur de la CAF ou son délégataire qui décide d'engager la procédure, s'il estime les éléments suffisamment probants.

La mise en demeure est la première étape formelle. Elle est adressée par courrier recommandé avec accusé de réception et contient les manquements constatés, leur type, la sanction envisagée et le délai de régularisation exprimé en jours ouvrés. La circulaire recommande 30 jours, que la CAF peut aménager selon l'obligation en cause. Ce délai n'est pas une formalité : le gestionnaire y formule ses observations, conteste les faits et régularise le cas échéant.

Vient ensuite la décision. Le directeur examine les justificatifs et les observations. Si un manquement mineur ou majeur a été régularisé, il peut se limiter à une notification de prise en compte assortie d'un avertissement. Si le manquement persiste, ou s'il est grave ou lourd, la sanction est notifiée par lettre recommandée, motivée, avec mention des voies et délais de recours. Au-delà de 15 000 euros, le directeur informe préalablement le conseil d'administration de la CAF.

Le gestionnaire dispose de deux mois à compter de la notification pour former un recours gracieux auprès du directeur, qui informe la Commission d'action sociale. En cas de réponse négative ou d'absence de réponse dans un délai de deux mois, le tribunal administratif territorialement compétent peut être saisi. Le recours gracieux n'étant pas un préalable obligatoire, la saisine directe du tribunal reste ouverte.

Quatre principes encadrent l'ensemble : le contradictoire, l'exigence de motivation, la proportionnalité, et le droit à l'erreur issu de la loi du 10 août 2018 pour un État au service d'une société de confiance. La circulaire précise que ce droit à l'erreur vaut d'autant plus pour les nouveaux cocontractants et les équipes renouvelées, notamment bénévoles. Une réserve, en revanche : contrairement aux indus, une sanction ne peut pas faire l'objet d'une remise de dette.

Le calendrier de déploiement, et ce qui se prépare en amont

Le régime s'applique dès la signature de la convention. Son intégration se fait donc au rythme des renouvellements, la CNAF ayant produit de nouveaux modèles de conventions à partir de la fin de l'été 2025. L'échéance est fixée à 2028 pour l'ensemble des conventions portant sur les aides financières collectives dites prestations de service, la montée en charge se faisant au fil de l'eau pour les subventions et prêts collectifs.

Les CAF ne sont pas tenues de dénoncer les conventions en cours pour y intégrer le régime. La circulaire leur conseille néanmoins de le faire dans deux situations : les gestionnaires présentant des indus plus fréquents ou plus élevés que la moyenne des équipements de même nature à la suite de contrôles répétés, et ceux ayant connu des difficultés dans la relation partenariale. Pour la première année d'application, elle demande que les nouveaux gestionnaires et ceux peu coutumiers de manquements fassent prioritairement l'objet d'un accompagnement plutôt que d'une sanction. La survenance d'un cas de force majeure neutralise par ailleurs la sanction.

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En résumé

Les sanctions CAF en crèche reposent sur l'article L. 263-2 du Code de la sécurité sociale, applicable depuis le 1er janvier 2025, et sur la circulaire CNAF C 2025-140 du 3 juillet 2025. Elles prennent la forme de pénalités financières calculées en pourcentage de la subvention annuelle : 1 % pour un manquement mineur, 5 % ou 8 % pour un manquement majeur, 10 % pour un manquement grave, 15 % pour un manquement lourd, avec une majoration jusqu'à 25 % en cas de récidive dans les 24 mois. Le barème national des aides 2026 reprend ces montants sans changement.

La procédure est contradictoire : constat, mise en demeure par lettre recommandée, délai de régularisation d'environ 30 jours, décision motivée du directeur, puis recours gracieux dans les deux mois et saisine possible du tribunal administratif. Le droit à l'erreur s'applique, et un manquement mineur ou majeur régularisé dans le délai se solde par un simple avertissement.

Le déploiement s'étale jusqu'en 2028, au rythme des renouvellements de conventions. Ce qui laisse le temps de faire la seule chose qui compte vraiment ici : savoir ce que la convention engage, et pouvoir le prouver en trente jours.

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